Le Stade Brestois avec son futur stade Arkea Park a été au centre des débats municipaux et métropolitains brestois durant de nombreuses séances ces deux dernières années. Alors que le chantier est suspendu suite à une décision en référé du Tribunal Administratif de Rennes, c’est l’avenir même de ce projet qui est en péril avec la tournure prise par les élections municipales à Brest cette semaine.
L’Arkea Park est un projet vital pour le Stade Brestois. Francis Le Blé n’est pas « rénovable » contrairement à ce que certains camps politiques agitent. Nous l’avons développé dans plusieurs articles où nous avons démonté les mensonges des opposants.
Ce sujet aurait du ne plus être à l’ordre du jour mais les Municipales sont venues fracasser le quotidien du Stade Brestois. Lors du premier tour du scrutin brestois, nous vous avons fourni un tour d’horizon des programmes des principaux mouvements politiques en lice.
Alors qu’on pensait s’orienter vers un second tour entre les deux plus grandes forces politiques du moment, à savoir le Maire sortant François Cuillandre et son challenger, Stéphane Roudaut, une quadrangulaire est sortie des urnes. Derrière les deux leaders, Cécile Beaudouin (LFI) et le candidat RN Yves Pagès ont complété le plateau du second tour. Les cartes ont été rebattues et le doute autour sur l’avenir de la future enceinte du SB29 au Froutven à Guipavas, s’est transformé en énorme frayeur pour tout le Stade Brestois lundi soir. Distancé au premier tour de plus de six points, François Cuillandre a choisi d’appeler LFI, arrivée 3e, dans son union des gauches qui prend tout de suite une autre tournure concernant le dossier Arkea Park, les listes EELV et LFI n’ayant jamais caché leur soutien aux associations GNSA Brest et Costour Poumon Vert qui ont attaqué en justice le dossier de l’Arkea Park.
Au premier, tour, il y avait déjà eu des questions et des craintes concernant cet outil essentiel pour le football de la Cité du Ponant, puisque « La Gauche Unie pour Brest » était une alliance EELV-PS. Des Verts, Glen Dissaux en tête, qui sont farouchement opposés à la construction de la nouvelle enceinte du Stade Brestois au Froutven à Guipavas. Et malgré les six petits sièges dévolus au Écologistes, il n’hésitait pas à attaquer franchement son camp de la majorité comme lors de ce Conseil Métropolitain du 10 octobre 2025.
-vous avez noté les applaudissements à la fin de l’intervention de l’élu écologiste, ils proviennent des associations GNSA Brest et Costour Poumon Vert, les auteurs des plaintes au Tribunal Administratif contre l’Arkea Park, qui avaient assisté au conseil de BMO –
Malgré ce genre de désaccords nets et de disputes très marquées au sein du Conseil Métropolitain . François Cuillandre assurait que, les désaccords demeuraient mais le stade au Froutven ne serait pas une ligne jaune. Il l’avait expliqué dans notre dossier d’avant premier tour.
Pourtant, le désaccord n’est pas mince comme sur cette autre intervention de Glen Dissaux sur la déclaration d’intérêt général en Conseil Municipal le 10 décembre 2024. Notez que nous avons bien parlé de Conseil Métropolitain et de Conseil Municipal. Les deux sont bien le théâtre de débats autour de cet équipement même s’il est métropolitain
Quand vous mettez en parallèle, les discours de Glen Disaux. Comme ici, lors de la conférence de Jean-Marc Jancovici le 3 octobre 2025 à l’UBO, il est difficile de pas trouver des similitudes entre la ligne écologiste et celle du groupe LFIste.
L’élu brestois répond à une question d’un membre du public qui demande s’il sera possible d’annuler la construction de l’Arkea Park pour des raisons écologiques : « On a un projet de construction de nouveau stade qui porte de nombreux questionnements à la fois écologiques, en terme de consommation de terres agricoles et naturelles, en terme de mobilisations d’argent public par rapport à une part d’investissement public. Alors là, on est tous embarqués : la Métropole, la Région Bretagne, le Département… Il y a tout un tas d’acteurs sur une copie financière qu’on peut largement remettre en cause et qui n’est pas forcément connue des contribuables. Je pense que quand on essaie d’avoir une politique qui soit vraiment vertueuse, la question, c’est : est-ce qu’il peut y avoir une acculturation des élus sur les sujets dont on parle ce matin. (…). On se prépare à vivre dans un monde à +4 degrés, donc qu’est ce que ça veut dire des investissements qu’on fait aujourd’hui? Sont-ils durables, préparent-ils une société robuste et résiliente. Est-ce que c’est vraiment ça qu’on souhaite ? On voit bien qu’on a un besoin massif d’investissements pour préparer l’avenir. Le sujet dont vous me parlez (l’Arkea Park) et encore d’autres me semble aller exactement à l’opposé de cela. Mais je terminerai quand même par vous dire et je suis tout à fait ouvert, dans un autre cadre, à poursuivre la discussion là-dessus et à vous donner plus d’éléments. Les choses ne sont pas encore complètement faites, à mon avis il y a encore la possibilité, peut-être d’aller s’intéresser et de faire en sorte que ce ne soit pas aussi négatif que ça pour l’ensemble de notre bilan carbone et l’ensemble de notre territoire. » Cette conférence avait lieu 19 jours avant la décision de la juge des référés du tribunal administratif de Rennes de suspendre le chantier du nouveau stade du SB29.
Ca fait quand même beaucoup d’interventions toutes plus négatives les unes que les autres sur l’Arkea Park. Une telle volonté d’empêcher ce projet pourrait vraiment être muselée par une simple poignée de main ? Qui peut y croire ? Et que peut-il se passer s’il se retrouve en position de force avec ce nouvel équipage qui tourne sévèrement à gauche désormais ?


Sur ces des infographies, on mesure les difficultés du PS, (en rose) en cas de victoire de la liste de gauche à se faire entendre dans sa « majorité ». Avec la véhémence de Glen Dissaux à l’encontre de l’Arkea Park démontrée au travers des extraits des différentes vidéos ci-dessus (alors qu’EELV ne disposait que de 6 sièges), comment imaginer que lui et son groupe ne profiteraient pas de cette possibilité de dominer les débats avec 30 sièges sur 55 ? (NB : 42 sièges suite au scrutin du 2e tour en 2020 et 55 noms sur la liste du 2e tour publiée par la Gauche Unie pour Brest)
Si d’aventure, ces trois groupes venaient à l’emporter dimanche à Brest. Malgré cette union qu’on annonce comme technique. Techniquement, justement, comment prévoir les votes en Conseil Municipal et Métropolitain ? Comme on nous annonce cette alliance comme « non-programmatique » (on en aura appris des termes en quelques jours, dites donc !), cela veut donc dire qu’ils ne sont pas unis sur un programme. Qu’est ce qui peut alors empêcher les 30 membres ouvertement anti-stade sur les 55 de cette liste d’unir leurs voix pour bloquer un projet qu’ils exècrent ? Sur l’infographie c’est criant, on passe de 6 opposants sur 42 à 30 sur 55 !
On rappelle que dans un article du Télégramme daté du 15 janvier 2026 Cécile Beaudouin et les Insoumis ont déclaré : « Nous défendons le projet d’une rénovation de Francis-Le Blé, dans le cadre d’une rénovation plus globale de ce secteur ». Et qu’importe si les dirigeants du Stade Brestois lient leur avenir à celui de ce projet : « Nous aurons une discussion avec les frères Le Saint. Quitte à devoir jouer nous aussi du rapport de force ».
Naturellement, Denis Le Saint et les supporters du Stade Brestois ont donc les plus vives inquiétudes pour l’avenir du club, car, encore une fois, l’Arkea Park n’est pas un caprice mais une nécessité pour la survie du club.
En plus du message envoyé à Denis Le Saint à François Cuillandre pour le mettre en garde contre cette alliance contre LFI, Michel Guyot, ancien président du club a fait aussi part aussi de sa vive inquiétude si le groupe mélenchoniste prenait le pouvoir à Brest. « Je ne me suis jamais exprimé sur le sujet, mais je veux dire aujourd’hui ma grande inquiétude quant à la possible arrivée de La France Insoumise aux manettes de la ville et de la métropole. J’ai toujours été opposé aux extrêmes. Ce serait mauvais pour Brest, mauvais pour le pays de Brest, mauvais pour le Stade Brestois » explique celui qui présidé le club de 2006 à 2013.
Quand on voit les déclarations de Pierre-Yves Cadalen, très proche de Jean-Luc Mélenchon qui figure en 31e position sur la liste de François Cuillandre (qui l’eut cru…), on comprend le patron d’industrie brestois.
A peine propulsée tête de liste de la France Insoumise, Cécile Beaudouin s’était d’ailleurs réjouit de la décision du Tribunal Administratif de Rennes, suspendant les travaux, le 24 octobre 2025 dans les colonnes du Télégramme » Nous saluons l’action des collectifs de riverains et les associations écologistes impliquées. Nous considérons cette décision comme une première victoire contre un projet dont nous avons déjà souligné les nombreuses faiblesses : gaspillage d’argent public pour des intérêts privés, gentrification et financiarisation du football, destruction d’espèces animales et végétales protégées, impact très négatif sur la circulation automobile et opacité du processus d’évaluation comparée de la rénovation et de la construction – cette dernière ayant été vendue comme indolore pour les finances publiques, ce qui est tout à fait faux ».EELV et LFI ont une ligne commune : celle d’empêcher la construction de l’Arkea Park. Le risque est loin d’être lointain pour les supporters du bout du monde. Lors de l’occupation illégale de la parcelle de l’Arkea Park sur la commune de Guipavas le Député LFI Brestois, Pierre-Yves Cadalen avait osé comparer cet acte illégal et ridicule à la Prise de la Bastille avant d’être ramené dans les cordes par les élus du GICA: « Je tiens à saluer la mobilisation collective en cours à Guipavas pour demander la rénovation du stade Francis-Le Blé et s’opposer aux dynamiques sans fin d’étalement urbain ». Avant l’évacuation de la quinzaine de militants sur le site de Maner Coz à Guivapas, ce dimanche 13 juillet 2025, par les gendarmes, Pierre-Yves Cadalen avait salué, par communiqué, l’installation du groupe sur le encore le collectif qui, selon lui, » donne l’occasion d’une célébration concrète et effective de notre fête nationale, en hommage à la Révolution française, et à l’idéal commun de souveraineté populaire et démocratique qu’elle a porté. » Mais on vous le rappelle, ces personnes tant ulcérées par le projet Arkea Park ne bougeront pas d’un cil si le groupe socialiste, minoritaire dans sa majorité, leur dit de s’asseoir sur leur convictions.
Ce mercredi soir, Stéphane Roudaut tenait son dernier meeting de campagne au Parc des Expositions de Penfeld devant plus de 1200 soutiens. Parmi ceux-ci, les anciens présidents brestois Michel Guyot et Yvon Kermarec étaient présents et énormément de membres de la famille du Stade Brestois, craignant tous une mauvaise tournure des événements lors de ces élections municipales.
Habituellement, les médias sportifs se tiennent éloignés des scrutins mais lorsque le danger se fait aussi limpide pour l’avenir du club, il ne faut pas se cacher. J’ai eu la tristesse de connaître la mort du Brest Armorique en 1991. J’avais dix ans. Aujourd’hui, je ne veux pas que les enfants, qui ont encore en tête les rêves de Ligue des Champions du Stade Brestois, ne se retrouvent avec un stade Francis Le Blé déserté, mort, vidé de sa substance comme j’ai pu le connaître du temps des années de National 1 puis de CFA où même le plus basique des entretiens n’était plus assuré.
Le Stade Brestois 29 aurait pu ne jamais retrouver le monde professionnel, d’autres clubs sont restés dans les limbes du monde amateur. Le club a été abandonné pendant ces années de galère. Au début des années 2000, on lui agitait la promesse de grand stade quand il avait retrouvé la L2 après des années de purgatoire. Ce grand stade, après l’avoir repoussé maintes fois, on le lui a enlevé, d’un coup, en 2006. François Cuillandre, qui avait pourtant ce grand stade à son programme électoral, l’a rejeté aux calendes grecques.
Sans la volonté de Denis et Gérard Le Saint de relancer l’idée de ce stade sur le même site du Froutven, il n’y aurait probablement rien eu de décidé par la Municipalité, car, il faut le savoir, nous sommes dans une ville où depuis Michel Bannaire en 1979, chaque président a réclamé, en vain, un stade digne du monde professionnel.
A cette époque, Michel Bannaire indiquait « Le gros point noir, c’est un stade qui contient un maximum 15 000 places et le deuxième point c’est l’attitude totalement négative de la Municipalité Brestoise. » 47 ans plus tard, alors que François Yvinec, Gilbert Martin, Michel Jestin, Michel Guyot, Yvon Kermarec puis Denis Le Saint se sont succédés à la tête du club et n’ont toujours pas pu avoir un stade digne du monde professionnel, la situation est au point de non-retour.
Après une quarantaine d’années de lâcheté et de fuites des différentes municipalités, un projet est enfin proche d’aboutir. Alors que Le Blé, qui ne tient encore debout que par miracle, est bardé de dérogations pour avoir le droit d’accueillir un match de foot pro – dérogations qui ne sont accordées que par l’existence du projet Arkea Park -, la vie d’un club ne tient plus qu’à un fil et ce fil, c’est celui de ce nouveau stade.
Aujourd’hui, il est l’heure de prendre ses responsabilités, si vous ne voulez pas que le football professionnel disparaisse à Brest et que vous avez une carte d’électeur valide pour l’élection municipale brestoise ce dimanche, vous savez ce qu’il vous reste à faire.












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